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Point de conjoncture : premier semestre 2018

Retour sur le second trimestre 2018

Au second trimestre de l’année 2018, les marchés auront à nouveau été dirigés par les Etats Unis, plus spécifiquement par les annonces du président Trump. La guerre commerciale lancée par le président américain n’est pas terminée, et touche tous les principaux partenaires économiques du pays. La Chine, le Canada, et l’Union Européenne sont les plus visés, au nom de « l’America first ». Les marchés ont donc logiquement dévissé ces dernières semaines, anticipant une lutte où les impliqués auraient plus à perdre qu’à gagner.

Les marchés américains terminent le semestre sur un constat de divisions et d’inégalités. A l’exemple de General Electric, géant centenaire de l’histoire de l’industrie américaine, qui est exclu du Dow Jones après avoir été la seconde capitalisation du pays jusqu’à la crise. Les deux premières marches sont aujourd’hui occupées par Apple et Microsoft qui affichent une capitalisation cumulée de plus de 1 600 milliards de dollars. Depuis le premier janvier, le Dow Jones affiche -1,80% alors que le Nasdaq est poussé par les valeurs technologiques (+8,7%) à l’image de Netflix (+103%). Avec des valorisations toujours plus hautes, des multiples au-dessus des moyennes et une guerre commerciale engagée, les investisseurs devront faire preuve d’une grande prudence sur les marchés américains.

L’Union Européenne est également pleinement engagée dans le conflit commercial, les marchés de l’automobile et des industriels finissent le trimestre dans le rouge, entrainant avec eux les indices de référence. La volatilité est également stimulée une fois de plus par le doute politique en Allemagne, en Italie et en Espagne. L’Eurostoxx 50 termine le semestre à -3,7% tiré vers le bas par l’Allemagne (DAX : -5,3%). En France, le CAC 40 après avoir dépassé les 5 650 points termine le second trimestre à 5 280 points, soit -0,50% depuis le 1er janvier. Le pays semble tout de même résister en se basant sur ses fondamentaux économiques, malgré une croissance annoncée en légère baisse après 2017. Outre-manche, plus encore qu’hier, le Brexit est synonyme d’incertitudes pour l’économie britannique qui semble être définitivement la perdante de ce vote. Malgré les tensions internationales et les incertitudes, la BCE reste rassurante, confirmant son calendrier de fin du quantitative-easing (programme de rachat d’actifs) pour cette fin d’année.
La Chine, moteur de la croissance mondiale, est peut-être le pays le plus impliqué dans les débats du protectionnisme. En effet, si le pays a engagé à grande vitesse sa transition économique il y a trois ans, celle-ci est loin d’être achevée et porte son lot de déséquilibres. Entre son endettement lourd, un immobilier en surchauffe, des problématiques écologiques, et des tendances démographiques défavorables, les sujets sont nombreux et le pays se repose encore fortement sur ses exportations. De plus, l’économie chinoise n’a que peu à gagner dans une discussion économique trop longue qui pourrait avoir des conséquences sur sa croissance et sur celle des pays émergents.

Sur le marché du pétrole, c’est encore les Etats-Unis qui tentent de dicter leur loi. En mettant le marché sous pression et en visant directement l’Iran, le président Trump a provoqué une augmentation des cours forte puisque le baril de Brent dépasse à présent les 75$. L’Arabie Saoudite s’est dite prête à augmenter sa production pour limiter l’augmentation du baril mais les discussions ne sont pas arrêtées. Le pétrole devrait vraisemblablement rester au cœur des débats cet été.

Pour ce qui est des devises, l’euro vaut à présent $1,17 contre 1,25 en février et 1,20 au premier janvier. Cette baisse est provoquée en partie par les incertitudes politiques européennes, et l’amélioration des perspectives économiques des Etats-Unis est également responsable du renforcement du dollar. Le Yuan chute à nouveau, autre conséquence du bras de fer commercial.

La guerre commerciale serait donc la première influence sur les marchés dans les semaines voire les mois à venir. L’issue des débats est, à l’heure actuelle, relativement incertaine. D’un côté le président Trump ne souhaite pas revenir sur des promesses de campagne qui définissent son mandat, de l’autre la Chine reste dépendante de ses exportations dans sa transition et l’Europe, dans une période politique difficile, tâche de s’unir autour d’une nouvelle problématique commune après avoir trouvé un accord sur le sujet migratoire. Les incertitudes sont donc nombreuses mais ces frictions économiques témoignent d’une nouvelle dynamique internationale et ne devraient probablement pas donner un unique vainqueur. Dans ces périodes ou les cours reflètent plus fortement les annonces des dirigeants politiques qui se répondent, il convient d’évaluer justement la sensibilité des portefeuilles en fonction des horizons patrimoniaux. Si la tendance de long terme tend généralement vers le reflet de la santé économique des acteurs du marché, à court terme la volatilité peut impacter la liquidité des portefeuilles. Nous nous tenons donc à votre disposition pour faire le point sur vos allocations.